Le comité d'entreprise de Continental a décidé de supprimer une vingtaine d’emplois

  12 septembre 2013




La période estivale n’a pas été de tout repos pour les salariés de Continental. Le groupe a, en effet, décidé d’amputer sa division Recherches.

La pilule est amère pour les salariés du site Continental. Lors du comité d'entreprise du mercredi 28 août, la direction a annoncé son intention de réduire ses effectifs d'une vingtaine de postes, principalement au sein de sa division « Recherches et Développement » (R & D).

Une décision vécue comme une « trahison » par le syndicat Force Ouvrière (FO), quelques semaines seulement après avoir appris la fermeture de l'usine de Bizerte, laissant quatre cents salariés tunisiens sur le carreau. « C'est un gâchis humain et financier », déplore Philippe Penin, délégué Force Ouvrière. « Il y a trois ans, 382 emplois avaient été supprimés à Rambouillet pour délocaliser en Tunisie. Au final, des deux côtés de la Méditerranée, les salariés sont perdants. »

Pas de chômage partiel

Le représentant du personnel se montre d'autant plus agacé que son syndicat avait senti cette réorganisation venir. Un débrayage avait même été organisé en juin, suite aux rumeurs de réduction d'effectifs. « À l'époque, la direction avait tenté de noyer le poisson. Mais deux mois plus tard, on voit que nous étions dans le vrai. » Une vague de licenciements à laquelle les syndicats ajoutent celle vécue par leurs collègues allemands de Continental. « Ils subissent aussi des fermetures en série. Nos emplois sont attaqués de toutes parts. Cela ne s'arrête jamais ! »

Rambouillet n'est donc pas épargné, puisque 10 % de la division R & D devrait être amputée à la fin de l'année. « Nous sommes mis devant le fait accompli, mais nous n'acceptons pas cette situation, alors même que le groupe fait des profits colossaux avec des bénéfices en hausse de 45 %. Un nouveau comité d'entreprise est prévu fin septembre et nous marquerons notre refus de perdre vingt camarades supplémentaires. À plus forte raison si aucun reclassement ou aucune autre option ne sont proposés. »

Face à ce mécontentement, la direction (étonnée de voir FO prendre la parole alors que la CFTC est majoritaire au CE) joue l'apaisement et pointe la crise économique. « Toute l'Europe est touchée avec des baisses de près de - 20 % de l'activité », explique Gilles Mabire, responsable du site rambolitain pour le groupe Continental. « Il n'y a plus assez de travail pour nos chaînes de production. Le choix est de recentrer notre activité en Europe, pour nos clients mais aussi pour préserver notre production à Rambouillet et en République Tchèque. »

Continental se défend d'avoir « lâché » l'usine tunisienne et souligne le bénéfice pour le site rambolitain. « Il n'y a plus de risque de chômage partiel. La production des radios, composants et la logistique fonctionnent et vont se poursuivre. »

Un bémol tempère pourtant cette analyse. « Notre chiffre d'affaires est inférieur à nos prévisions. Face aux contraintes économiques, une vingtaine de postes va devoir être supprimée au sein de la division R & D. » Et Gilles Mabire de s'empresser de préciser que cette réorganisation ne se fera pas à marche forcée. « Rien ne sera contraint. L'idée est plutôt de faire le point sur les départs à la retraite, les offres de formation, mais aussi de voir ce qui est possible avec notre cellule mobilité pour d'autres activités. Des opportunités sont notamment proposées à Toulouse. Mais cela se fera dans le dialogue et pas avant le CE de la fin du mois. » Un CE qui ne changera rien à une nouvelle réduction des effectifs rambolitains.

Source: www.www.lechorepublicain.fr