José Angulo : « Un nouvel homme pour le transport urbain »


Le 6 décembre 2012


Une arrivée remarquée au bureau exécutif de la fédération des transports et de la logistique FO-UNCP, est celle de José Angulo. Il aura en charge le dossier ultrasensible des transports urbains.

José Angulo est adhérant à Force Ouvrière depuis 1978, son accession à des responsabilités nationales est l’aboutissement logique d’un parcours militant à la fois classique et exemplaire. Sur l’un des dossiers les plus délicats que doit gérer aujourd’hui la fédération, le congrès de Saint Malo a sollicité cet homme solide, fort de 35 ans d’expérience dans le transport urbain.

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Dans l’entreprise TCRA d’Avignon (VEOLIA-TRANSDEV), José Angulo s’est frotté à toutes les facettes du métier, comme chauffeur bien sûr, mais aussi comme commercial et juriste pour finir. Il est aujourd’hui président du conseil des prud’hommes à Avignon. « Mes fonctions m’apportent une visibilité globale sur l’ensemble des aspects juridiques, précise José Angulo. Cela touche aussi bien les aspects contractuels, comme les délégations de service public, que les problèmes de sécurité et bien sûr le droit du travail. A l’égard de ma hiérarchie, ma position est claire : je dis le droit ! Un droit qu’ils ne sont pas toujours disposés à entendre. »

Dans sa bonne ville d’Avignon, les problèmes du transport urbain sont emblématiques d’une situation qui vaut à l’échelon national et José Angulo découvre les mêmes dégâts mais démultipliés sur toutes les agglomérations urbaines de France, avec la montagne de travail que cela implique. C’est pourquoi il est décidé à concentrer toute son énergie sur les questions brûlantes des délégations de services publics et de la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers

Vers une charte sociale inscrite dans chaque délégation de service public
« La force syndicale doit se manifester dès la négociation d’une délégation de service public, estime José Angulo. Dans ce contexte concurrence sévère entre les prestataires, les marchés s’arrachent au prix du tarif le plus bas. Il ne faut pas permettre aux entreprises de jouer sur le curseur social pour satisfaire les appels d’offres des collectivités publiques. » Selon José, la meilleure stratégie est de peser en amont et directement sur les élus et les décideurs des communautés urbaines. L’idéal serait d’imposer une charte sociale, incluse dans tous les cahiers des charges des délégations de services publics.

Celle-ci imposerait un respect de l’ensemble des obligations du prestataire, notamment la non-dénonciation des accords existant ainsi que les us et coutumes pour toute la durée de la DSP. Sans ce verrou, les entreprises font payer par les salariés leurs marges et les restrictions budgétaires des collectivités par un saccage social qui, à l’exemple de Lyon, abouti à jeter aux orties les conventions et tous les acquis sociaux.

« Nos camarades doivent s’inspirer de ce que nous avons réussi à imposer à Bordeaux et à Grenoble en matière de DSP, préconise José Angulo. Dans ces deux villes, par l’action militante, nous sommes intervenus à temps pour peser dans la négociation au moment du renouvellement de la DSP. Un article relatif aux engagements sociaux est inscrit dans le contrat du prestataire. Les villes devront veiller au respect de ces engagements.»
Rechercher des passerelles avec d‘autres métiers de services publics
Chaque fois que la menace d’une grève a pesé durant le renouvellement d’une DSP, les syndicats ont modifié le rapport de force à leur avantage et rendu les élus locaux moins sourds à leurs arguments. Or, face à leurs concurrents et à la détermination des salariés, les entreprises de transport urbain sont, étrangement, plus attentives au souci de continuité du service public auquel les élus locaux sont eux toujours attachés. Cependant, ce type d’actions doit trouver aussi des résonnances auprès d’autres syndicats, et cela dans toutes les professions liées aux services publics des collectivités territoriales. Des solidarités astucieuses sont à imaginer par exemple avec les salariés des transports interurbains, de la collecte des déchets, les employés de Mairie et même les enseignants.

« Hélas, l’inter-professionnalité entre les syndicats fonctionne mal à l’échelon local, regrette José Angulo. Ce n’est pas faute d’avoir des intérêts communs et des choses à se dire. Je prends l’exemple de la sécurité liée au ramassage scolaire. Les chauffeurs et les enseignants pourraient se concerter et devenir une force de propositions. Après tout, les garnements qu’ils rassemblent dans leurs classes, nous les retrouvons tous dans nos bus. »


Cabinet JANVIER & ASSOCIES












expert comptable CE

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